Dès que vous avez eu connaissance des résultats des analyses qui ont révélé la pollution engendrée par l’explosion du 13 octobre dernier sur le site d’Aprochim, vous êtes immédiatement intervenu en donnant 24 heures à l’industriel pour que celui-ci vous communique le listing des impactés potentiels. Excellente réaction particulièrement rapide, si ce n’est que votre exigence était à la limite du réalisable, et que sans l’aide du milieu agricole celle-ci n’aurait pu être satisfaite…

Ceci alors que les divers services de l’Etat étaient les mieux placés pour vous donner les renseignements souhaités. Grâce à la surveillance, le fichage et le puçage des animaux en particulier.

Lors de votre arrivée en Mayenne vous aviez dit vouloir rencontrer les associations locales à propos de la pollution et donc du dossier Aprochim. Pas un seul membre de l’association de Terre et Vie d’Anjou ne vous a vu à ce sujet. Par ailleurs, Madame la secrétaire générale vous a remplacé à chacune des réunions de la commission de suivi du site. Tout ceci m’amène à qualifier votre réaction de véritable ouverture de parapluie.

Ceci est d’autant plus flagrant que vos services avaient demandé une recherche de traces de la pollution dès le lendemain de l’accident, alors que techniquement celle-ci ne pouvait être totalement retombée au sol en 24 heures seulement. C’était la meilleure façon de minimiser l’impact. Sauf que le brouillard tombé le soir du 13 octobre a tout rabattu au sol, modifiant ainsi les résultats prévisibles.

Avec 3 pg 20 dans l’herbe chez l’un des éleveurs situé à 1 500 mètres, nous sommes loin du 0 pg 30 préconisé par l’Inéris qui seul peut permettre un élevage serein. C’est d’ailleurs là le record depuis la mise en place de la surveillance en 2011 (l’environnement immédiat des 500 mètres étant mis à part). Il ne vous restait plus qu’à demander des analyses complémentaires, ce que vous avez fait et dont je vous remercie.

Petit souci, des impactés potentiels refusent toute analyse de leurs produits alimentaires, se moquant allègrement de la qualité sanitaire de ceux-ci. Alors que dans l’autre sens, complètement à l’abri de cette pollution, le maraîcher Pierre Yves Houdayer situé à 3 kilomètres du site d’Aprochim tend déjà le dos à l’idée de revivre ce qu’il a subi lors des épisodes précédents. Alors que la crainte de ses clients était et est totalement infondée.

Allez vous intervenir pour dire publiquement que la pollution est allée uniquement sur la commune de Bouère en touchant une partie du bourg et exiger les analyses qui s’imposent, ou bien allez vous vous contenter de cette ouverture de parapluie ?

Lorsqu’on chatouille un industriel, c’est le milieu politique qui tousse. Il suffit de se rappeler la réaction du Conseil Général de la Mayenne (rebaptisé Conseil Départemental depuis) avec des membres de celui-ci peu gênés d’asséner des contres vérités pour obtenir le refus du CODERST de suivre Madame la Préfète dans son projet de suspension d’activité de la société Aprochim.

Le milieu politico industriel est quelque chose auquel on ne touche pas. Madame la Préfète Corinne Orzéchovsky se l’est vue rappeler à la suite de son projet de suspension, promptement reconduite à la frontière du département, mutée dit-on dans le jargon administratif. Dommage pour toutes les victimes qui avaient découvert en sa personne le seul préfet mayennais intègre depuis 1987 au sujet d’Aprochim.

Vous n’avez même pas ce souci, puisque votre intervention nécessaire ne vise que des victimes.

Depuis plus d’un an, vos services jonglent pour empêcher la mise en place de la norme de 0 pg 30 préconisée par l’Inéris, en refusant de respecter les textes de la Commission Européenne en matière de modification de normes en vigueur. Résultat obligé, le Coderst n’a pu que valider la norme européenne. Véritable farce soutenue par l’association Entre Taude et Bellebranche, seule invitée aux réunions du Coderst… et pour cause. Association qui demande aujourd’hui la fermeture de l’entreprise Aprochim. On croit rêver. Il est vrai que cette fois ci les agriculteurs ne sont plus les seuls impactés…

Avec le souhait de vous voir démontrer la même réactivité que celle accrue que vous avez demandée à la société Aprochim, je vous prie d’agréer Monsieur le Préfet, l’expression de mes sincères salutations.

 

Le président, Joseph Gaudin

 

 

Monsieur Frédéric Veaux

Préfet de la Mayenne

Préfecture de la Mayenne

53000 LAVAL

 

 

 

 

 

 

 

VAL