Mayenne : Aprochim, le spécialiste du traitement PCB peine à trouver des solutions de reconversion

Aprochim organisait ses portes ouvertes le 24 mai 2019 à Grez-en-Bouère (Mayenne) pour présenter ses activités. Spécialisée dans le traitement du PCB, elle peine à se reconvertir.

32 salariés sont actuellement employés en CDI sur le site d'Aprochim à Grez-en-Bouère (Mayenne). L'entreprise a organisé ses portes ouvertes le 24 mai 2019.32 salariés sont actuellement employés en CDI sur le site d’Aprochim à Grez-en-Bouère (Mayenne). L’entreprise a organisé ses portes ouvertes le 24 mai 2019. (©Marie Lamarque / Les Nouvelles de Sablé)

Le site d’Aprochim, filiale du groupe Chimirec, a organisé des portes ouvertes vendredi 24 mai 2019 afin de présenter ses activités.

L’entreprise, située à Grez-en-Bouère (Mayenne), est spécialisée dans le traitement et le recyclage des déchets souillés ou non par le PCB, un produit toxique notamment utilisé dans les transformateurs électriques.

« Le PCB n’est plus notre cœur de métier »

Attaquée pour des cas de pollution, Didier Gauthier, directeur du groupe, affirme que les règles sont respectées.

« Il vaut mieux que ces substances soient traitées correctement chez nous plutôt qu’elles soient déversées dans nos mers », fait-il remarquer.

L’entreprise travaille auprès de « 300 clients » dont de grandes structures comme Véolia, mais aussi pour de plus petits organismes comme des garagistes, des écoles ou des hôpitaux.

« Aujourd’hui, 50 % des transformateurs que nous traitons ne sont pas pollués par le PCB. On veut développer cette activité », souligne Florent Mancini, directeur du site.

Depuis 2014, l’entreprise n’a pas transféré de transformateurs pollués.

Mais il faudra encore 7 à 8 ans avant la fin de leur traitement car il y a toujours un résiduel. Néanmoins, le PCB n’est plus notre cœur de métier pur.

Lire aussi : Mayenne. La société Aprochim condamnée par la justice pour pollution

Tenter de diversifier les activités

Elle cherche alors à développer de nouvelles activités mais peine à se reconvertir.

« On a essayé de développer des projets de méthanisation, mais cela reste très compliqué. Il y a toujours une crainte du voisinage notamment vis-à-vis des odeurs », remarque Didier Gauthier.

« Nous intervenons aussi sur les sites difficiles d’accès comme les mines. Nous voulons développer notre activité de nettoyage et d’entretiens des sites », ajoute Florent Mancini.

Les dirigeants se disent prêts à trouver des solutions pour diversifier leurs actions avec l’aide d’ingénieurs dans une volonté d’être davantage « respectueux de l’environnement ».

Un terrain de 8 ha, situé derrière le site, a été acheté par l’entreprise et servira de « ceinture verte avec les tiers. Nous hésitons entre deux projets pour valoriser ces espaces. Nous avons pensé à y installer des panneaux solaires ou planter une forêt afin d’améliorer notre bilan carbone. Des négociations sont en cours. Nous devrions prendre notre décision vers septembre ou octobre », annonce Didier Gauthier.

Lire aussi : Pourquoi Aprochim pourrait acheter des terrains voisins de l’usine de retraitement de transformateurs à Grez-en-Bouère

« Passer à 0,3, c’est signé notre arrêt de mort »

Attaqués par diverses associations pour l’environnement, les dirigeants sont actuellement dans l’attente du jugement de la cour d’appel du tribunal administratif de Nantes (Loire-Atlantique) sur la fixation des normes à respecter.

Nous respectons le taux de 1,25 pg/g de PCB dans les fourrages qui nous est imposé par un arrêté préfectoral. S’il baisse à 0,3 %, comme le demandent les associations, nous signons notre arrêt de mort. En effet, en condition normale, il s’élève déjà à 0,4 % selon nos études.

En attendant, les dirigeants se disent toujours ouverts à la discussion avec les organismes intéressés.